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Tell Rembobinée

On compose de la musique qui honore le passé. Mais quel passé, quelles œuvres, quelles musiques ? Celles qui d’un même élan traversent le temps et le cœur, celles qui inspirent la vie du présent.

Quand on fait de la création, on ne fait pas de courbettes. L’hommage qu’on rend au passé vient du cœur, il est sincère. Et si l’on voue un très profond respect à nos influences, c’est signe qu’on est sur un pied d’égalité avec elles. On sait qu’on a notre mot à dire, que c’est à notre tour. Oui, et pourtant, il y a des choses déjà si belles qu’il importe de les répéter 40 ans plus tard… En flèche, le troisième album de Diane Tell, c’était en 1980. Et aujourd’hui encore il nous séduit.

En flèche a passé l’épreuve du temps. On peut se demander – objectivement, globalement – pourquoi et dans quelle mesure la pérennité d’une œuvre advient ou n’advient pas. Dans notre cas, une part de la réponse tient en ce que cet album fut jadis gravé sur vinyle, un support durable qui lui a permis de parvenir jusqu’à nous des décennies plus tard. C’est ainsi que certain-es musicien-es de notre génération, en dénichant chez un disquaire des gemmes cachées dans les boîtes de vinyles à 1$, ont trouvé du même coup matière à échantillonner, à sampler, à remixer.

Mais on peut également se demander ceci : Tell rembobinée est-il ici la cause ou le résultat de la pérennité d’En flèche ? Est-ce remixer cet album qui le réactualise au goût de notre époque ou est-ce la fraîcheur d’origine de cette musique qui donne une actualité à notre son ? Sans doute un peu des deux, mais par-dessus tout cela met en lumière le fait que remixer notre histoire, réinterpréter notre histoire musicale est une façon tout à fait légitime de la perpétuer.

Et puis, bien sûr, c’est toujours fascinant d’écouter au présent le son d’un temps révolu, d’écouter le son 1980 avec notre esprit 2020. Mais attention, ce qu’on vous offre ici est bel et bien le contraire : l’esprit 1980 reconstitué, repris et remixé au diapason d’un son 2020. Car on a pris le temps d’aimer la musique de Diane Tell au point de vouloir la créer, à nouveau, nous aussi. Enfin, la revoici.

Jonas Fortier

Notices biographiques « Jonas Fortier écrit des poèmes. Il a évolué dans le milieu de la microédition montréalaise, au sein de la Coopérative d’édition En jachère, La passe et A.U.R.A. où il a publié, sous le nom de Joni Jacusto, quelques petits recueils, dont Verre d’astre en 2016 et La mer n’est pas l’eau en 2018. Son dernier recueil, Chansons transparentes, a paru aux éditions de L’oie de Cravan en 2019 et lui a valu une grande joie ainsi que le sentiment d’avoir ému des gens. Il vit actuellement à Berlin où il poursuit ses recherches et ses intuitions aux confluents des mots, de la musique et de la danse. « 

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